L’épicéa et l’érable sont soigneusement sélectionnés parmi les plus précieux d’entres eux et proviennent principalement des Alpes de France, du Nord de l’Italie et des régions d’Europe de l’est, où les variations de température entre l’hiver et l’été sont faibles, générant un bois léger et réactif à la vibration.

Outre l’aspect esthétique, le choix du bois influencera l’émission et la couleur du son. Croissance, densité, nervosité, coupe : chaque paramètre sera déterminant avant même la réalisation de l’instrument.

La qualité sonore des bois de lutherie est avant tout déterminée par leurs caractéristiques physiques. Les bois de faible densité, offrant une vitesse de propagation du son élevée et une forte résistance à la flexion sont particulièrement bien adaptés à cet usage car ils provoquent une amélioration des caractéristiques de résonance de l’instrument et augmentent ainsi son rayonnement sonore.

Dans le bois d’épicéa, la vitesse de propagation du son se situe entre 4800 m/s et 6200 m/s et la densité de ce bois varie entre 320 et 420 kg/m3.

Le bois de lutherie doit aussi répondre à des exigences de qualité élevées. Il doit être exempt de noeuds, léger et présenter des cernes annuelles régulières et claires. Les arbres dont le bois répond à ces exigences croissent en particulier aux altitudes élevées sur le versant Sud des Alpes.

Le bois est d’abord une matière vivante : même coupé, il évolue et est en particulier très sensible à l’humidité. C’est un matériau  » hygroscopique  » : il existe un lien entre le taux d’humidité (on dit aussi  » hygrométrie « ) du bois et celui de l’air ambiant, sans que ces deux valeurs soient égales. Le bois est principalement composé d’hémicellulose qui est hygrophile et de lignine qui est hygrophobe.

 Le bois est séché dans des conditions optimales pendant des années avant d’être travaillé. Au minimum 4 ans pour l’épicéa et 6 ans pour l’érable.

La matière se révèle sous nos yeux…et nos oreilles !

Ayant sélectionné le bois, celui-ci ne nous a pas encore tout révélé. Sous les coups d’outils tranchant, le son et la texture du bois nous semblera différent d’une pièce à une autre; c’est à ce moment là que je pourrai confirmer mon choix initial. C’est un ressenti qui ne s’explique pas vraiment d’une manière rationnelle, mais qui se confirme souvent de manière empirique.

Les instruments de mesure nous permettent aujourd’hui de compléter nos connaissances en matière de propriété acoustique du bois. En calculant sa densité, son élasticité et sa vélocité, nous pouvons ainsi anticiper le façonnage des pièces. Chaque morceaux de bois a son identité propre et il convient de disposer d’une réserve de bois importante afin de pouvoir choisir le morceau requis pour une utilisation déterminée.